ZOUDOU Artiste Singulier

Jean François Barrat sculpteur de papier à la La Roche sur Yon en Vendée 06 52 24 60 40

Fabuleuse Fabuloserie: consentement mutuel en amoureux transis

Publié le 18 Mai 2010 par betazoudou.over-blog.com in artistes

  Le coeur fébrile dans la froidure des seins de glace, nous nous rendimes à la Fabuloserie : ce lieu culte de l'art brut et singulier, cette chapelle  outrancière élevée religieusement par cet architecte défroqué Alain  Bourbonnais (1925-1988) au fin fond de la Bourgogne. 

Depuis des années, nous attendions cette Mariée outrageuse et tapageuse, en amoureux transis, le bouquet de violette à la main. Nous l'avions imaginée un peu clinquante, un peu opulente, peut être plus vaste et généreuse,  nous la découvrîmes  autrement,  le tissus légèrement terni, les plis de sa robe un peu chiffonnés,   le rimel sur les joues ayant un peu coulé. Mais si le temps a  forcément passé,  la corbeille est encore bien garnie. Sous l'oeil circonspect de Mme Bourbonnais, nous suivîmes attentionnés cette procession initiatique dont les accents plastiques montaient crescendo  de l'innocence  des galets peints de Labelle, jusqu'à l'outrecuidance  sublime des Turbulents  de l'ogre de ce lieu.  En chemin, nous  fûmes touchés par la poésie toute simple  des constructions articulées d'Emile Ratier Nous étouffâmes ensuite dans la chambre de Mauricette  de Francis Marshall, un véritable lieu d'épouvante familiale. Nous ressortîmes alors de cette abime intérieure la langue pantelante reprenant notre souffle dans le grand parc ouvert sur la campagne bourguignonne,.

L'échange des consentements pût alors se dérouler en ce lieu malicieux du manège de  Petit Pierre. Quand les anneaux de zinc cerclèrent les doigts,  la  fête se déclencha brinquebalante, tonitruante, grinçante, dans un délire de facéties, de blagues de premier communiant. Nous tournoyâmes longuement dans le cliquetis de la ferraille, dans le jeu indécis des courroies, dans les dédales de ce village champêtre en réduction.  Mais le Dimanche toucha à sa fin, une dernière pichenette d'eau du vacher et  nous dûmes prendre congé.

Le cortège s'ébranla  alors difficilement, les joues  encore rosies  par le génie de l'ingénieux, les yeux désormais  embués, réfugiés dans un petit coin de ciel bleu  délavé, désormais protégé des affres de la modernité.


fabuloserie 6

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